La fille que je n’aurai jamais

21 septembre 2020 2 Commentaires

Quand on m’a demandé ma préférence, je répétais sans cesse qu’une fille me plairait mais peu importe, du moment que ce bébé soit en bonne santé. Et pourtant, j’ai pleuré quand j’ai su que c’était un garçon, le deuxième, le dernier, et que je n’aurai finalement jamais de fille.

— LA RENCONTRE —

Pour notre premier, nous avions su par hasard, lors d’un rendez-vous chez le gynécologue, que nous allions être les heureux parents d’un petit garçon. Mon homme voulait une succession, que son nom ne disparaisse pas, c’était parfait !

Pour le deuxième, nous avons choisi de mettre un peu de piment. Nous ne voulions découvrir le sexe qu’en présence du grand frère. Nous avons donc demandé à l’échographe de l’écrire sur un petit papier et de le glisser dans une enveloppe prévue à cet effet. Une fois rentrés, nous avons préparés l’apéro, et avons demandé à notre petit garçon d’ouvrir cette enveloppe.

— LA CLAQUE —

J’étais à 90% sûre que c’était une fille ! Mais ce fut tout l’inverse. Mon mari était un tout petit déçu sur l’instant, mais fut très heureux dans la minute qui a suivi. Mon petit garçon a poussé un « ouf » de soulagement et nous pouvions voir ses petits yeux briller. Et moi ? Et bien j’ai pleuré, beaucoup pleuré.

J’ai honte ! Tellement honte ! Je me suis cachée dans la cuisine pour que mon fils ne voit pas ma peine. J’ai pleuré sous la douche pour que mon homme ne voit pas à quel point c’était dur pour moi. J’ai pleuré au téléphone avec une amie qui, malgré le fait qu’elle soit heureuse d’avoir 2 garçons, comprenait mon désarroi. Cela m’a fait tellement de bien. Je suis allée lire des blogs de maman ayant vécu la même situation, ce qui m’a permis de me sentir moins monstrueuse.

Je regretterai toute ma vie d’avoir assombri cette belle journée que devait être celle de la découverte du sexe. Mais encore une fois, j’envie les hommes qui se détachent si facilement et avancent avec tellement plus d’aisance que nous en ne portant pas d’importance à des choses auxquelles nous en attachons bien trop, nous les femmes… mais peut-être je ne parle que pour moi.

C’est à cet instant que je me suis prise une claque quand j’ai réalisé que ce serait notre dernier enfant. Jamais je ne saurai ce que l’on ressent d’avoir une petite princesse.

— POURQUOI JAMAIS ? —

Comme vous avez pu le lire dans mon précédent article (PMA, une stimulation simple), nous avons rencontré beaucoup de difficultés à créer ce deuxième petit être. Nous avons perdu 3 années de nos vies et, parallèlement à cela, nous avons vieillis. Je vois comment je vis cette grossesse et je suis bien plus fatiguée qu’à mes 27 ans. Je peine à m’occuper de mon premier et au-delà de ça, mon mari aura 40 ans (moi 39) quand notre deuxième aura 5 ans. Pour nous 40 ans c’est le moment où l’on voyage. Notre premier aura pratiquement 12 ans et commencera à ne plus vouloir de nous. Après je sais qu’il ne faut jamais dire jamais, mais je peine déjà à me remettre d’un 2e garçon, alors imaginez un 3e.

Je sais que je vais mettre en colère bon nombre de personnes. Nous avons énormément de chance que cette PMA ait fonctionné et nous en avons conscience. Je sais qu’avoir 2 enfants c’était tout ce qui comptait pour nous et que je n’ai pas le droit de me lamenter sur mon sort.

— UNE FILLE POUR MOI C’ETAIT —

Une fille pour moi, c’était des coiffures à n’en plus finir, des petites barrettes qui brillent, des baguettes magiques, des sacs à main à lui donner, des chaussures à lui prêter, des secrets de filles et des soirées à se moquer de nos deux hommes à la maison. C’était aussi des combats filles contre garçons au babyfoot, des petites robes à acheter, expliquer ce que sont les règles et comment se protéger.

Certes, j’en suis certaine, nous aurions eu pas mal de conflits. Elle aurait fait plus de câlins à son papa qu’à moi mais j’aurais trouvé cela tellement mignon. Elle aurait certainement eu mon caractère ce qui aurait été très conflictuel…

Je me serais sentie moins seule dans cette maison quand tous les garçons se serrent les coudes pour dire que maman est relou, que maman a tort, que la bouffe n’est pas bonne. Quelqu’un d’autre que moi aurait fâché les garçons qui urinent à côté des toilettes. Je me fais des films, comme toujours, mais j’ai eu 3 ans pour me les faire et 3 ans, c’est long.

Mon mari me rassure en me répétant qu’avec les deux garçons, je serai l’unique princesse et qu’ils prendront soin de moi et me protégeront. C’est tellement mignon. Pour l’instant, ils se contentent de m’appeler « grosse maman » :).

— JE T’AIME TELLEMENT !! —

Bien sûr que je t’aime. Je t’aime déjà, comme ton frère, plus que tout au monde. Je ne peux pas me passer de tes petits coups de pieds dans mon ventre, d’écouter ton cœur battre. Tes hoquets me rappellent que tu es bien là, et tu me rassures.

Et puis, quand on y pense, on galère tellement moins à faire faire pipi à un petit garçon sur le bord d’une route 😉

** A bientôt **

Charlie

2 Commentaires

Virginie C. 20 octobre 2020 at 7 h 54 min

Un article tellement émouvant. Merci!
Ne culpabilisez pas pour vos ressentis, vos émotions. Nous avons tous le deuil à faire de quelque chose, ce n’est jamais facile. Mais ça permet d’aller de l’avnt <3

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juste1maman 20 octobre 2020 at 8 h 11 min

Merci beaucoup pour votre commentaire. Ça me touche

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