PMA : une stimulation simple

19 juillet 2020 2 Commentaires

Ma grand-mère a eu 8 enfants. Ma maman en a eu 2, au moment voulu. Nous avons eu notre premier fils en 10 jours mais la vie est parfois pleine de surprise et la PMA fut notre seul chance de donner la vie une seconde fois.

— LA PMA C’EST QUOI —

Wikipedia dit :  » La procréation médicalement assistée (PMA), également appelée assistance médicale à la procréation (AMP), est un ensemble de pratiques cliniques et biologiques où la médecine intervient dans la procréation  » = une succession de termes scientifiques loin d’être séduisants. Pour moi, la PMA serait le début de la débandade (au sens propre comme figuré). Si vous enclenchez votre première PMA, ne me lisez surtout pas, attendez votre premier cycle et revenez me voir à ce moment là ;). Cependant, ce fut notre seul espoir de pouvoir donner de l’amour une deuxième fois.

Je tiens tout de même à préciser que tout cela viendrait de mes ovaires polykystiques (OPK pour les intimes). Aucune sage-femme ne m’a réellement expliqué ce que c’était. On m’a juste très gentiment distribué un prospectus à ce sujet un matin, à 8 h, et j’ai dû me débrouiller avec !

— FLORILÈGE D’UNE PMA —

Vos aurez toujours un entourage qui saura vous accompagner dans ces moments difficiles avec des paroles qui vous soutiendront, ou non :

  • « arrête d’y penser, tu verras ça fonctionnera tout seul » : (2 ans et demi sans y penser et sans féconder on dit que ça fonctionne ou pas du coup ?).
  • « fais du sport, vide toi la tête » : le sport devient effectivement essentiel pour perdre les foutus kilos (7 pour ma part) pris avec les piqûres d’Ovitrelle et Gonal-F. Cependant, quand vous déclenchez votre ovulation, d’affreuses douleurs vous empêcheront d’être active mais chut, il faut garder la tête haute pour pouvoir garder ce secret.
  • « roh quand même, vous ne pouvez pas faire sans piqûre ? » : ben si voyons, nous faisons juste une PMA pour le fun !!
  • « alors c’est quand le 2e ? » : arf, eux je ne leur en veux pas, ils ne savent pas. Personnellement, c’est une phrase que je n’utilise plus depuis.
  • « ben dis-donc, à manger comme ça tu ne rentreras pas dans ta robe de mariée » : là non plus je n’ai pas pu répondre. C’est compliqué de crier dans la cuisine du travail que tu suis une PMA pour avoir un enfant… Imaginez le malaise !!
  • « tu te prends trop la tête » : le Duphaston pendant 1 an pour relancer mes règles, les piqûres tous les soirs de Gonal-F, les prise de sang et échographies 3 fois par semaine à 7h du matin, le déclenchement Ovitrelle et les 3 jours avec rapports sexuels +++… Effectivement, je me prends trop la tête !

Bon, en 2 ans et demi, j’en ai oublié plein. Pour couper court, mon homme et moi avions décidé d’en parler ouvertement et afin de passer le sujet rapidement, nous répondions : « le 2e ? Il viendra quand il voudra ».

— ET NOUS DANS TOUT ÇA —

Je ne vais pas vous le cacher, une PMA, ça passe ou ça casse. Nous avons eu des moments difficiles. Pour ne pas rentrer dans les détails, disons que de votre place de femme fatiguée qui subit piqûres, prélèvements et écho pendant 1 mois, il est difficile de comprendre que votre homme ne soit pas disponible à l’instant T !

C’est à ce moment là qu’il faut apprendre à écouter l’autre et ce ne fut pas chose aisée pour ma part. Un site m’a beaucoup aidée http://www.positivemindattitude.com/ . Les hommes ne transpirent pas la culpabilité, il n’y a pas écrit sur leur front qu’ils sont désolés de ne pas pouvoir porter ce fardeau. Pourtant, c’est bien ce qu’ils ressentent. Ils ne le disent pas pour ne pas nous faire rougir de colère (il ne faut pas oublier le trop plein d’hormones), mais ils se prennent la tête autant que nous.

— 2017 – 2018 – 2019 – 2020 —

Après 1 an de Duphaston pour déclencher mes règles, j’ai finalement commencé ma stimulation en centre PMA en septembre 2018. Le premier déclenchement a fonctionné, mais malheureusement, le ciel s’est doté d’une nouvelle petite étoile le 31 octobre 2018 qui ne brille que pour nous. Le NOUS avons perdu est aussi difficile à encaisser quand VOUS seule avez senti ce ventre vide. Mais encore une fois, c’est une épreuve qui s’affronte à deux. Il faut écouter la douleur de l’autre, même si vous avez la faculté de reprendre rapidement le dessus sur les échecs (ce qui n’est pas mon cas).

Après 2 mois de PMA en stand-by (médicalement, mentalement et physiquement), nous avons fait une deuxième stimulation ovarienne. C’était sans compter sur mes ovaires polykystiques et le vilain kyste qui, gros comme une patate, a dû être enlevé et a repoussé encore une fois l’échéance de porter la vie une 2e fois.

En avril 2019, nous avons fait notre 3e stimulation. Je ne saurais pas dire exactement dans quel état nous étions, mais je sais que ce n’était pas du tout une bonne période et que je prêtais attention à ce que nous ne nous fâchions pas 2 jours avant le déclenchement de l’ovulation. Je ne nous reconnaissais plus du tout. Cette stimulation a été décisive et nous avons tout stoppé de mai 2019 à janvier 2020. Nous nous sommes mêmes protégés pendant 5 mois, mariage au 20 juin 2020 oblige (merci covid19 hein 😉 !!).

En janvier 2020, j’ai repris la main et ai décidé que les piqûres seraient faites par moi-même. Il a fallu se mettre des alarmes sur chaque appareil pour ne pas rater 18h30 !! J’ai même réussi à cacher à mon homme le jour du déclenchement (avantage de se piquer soi-même). Le vendredi 14 février 2020, une minuscule grappe de raisin a finalement pris place dans mon bas ventre.

— ET MAINTENANT —

À ce jour, je suis à 5 mois de grossesse. Mon fils aura un petit frère ! Ils auront 6 ans d’écart. C’était inconcevable pour ma part et finalement, grand E. devient de plus en plus indépendant ce qui sera moins lourd pour l’arrivée du deuxième.

Je pense toujours à ces femmes que j’ai rencontrées dans cette salle d’attente pendant de longs mois. Certains jours, nous étions 30, cela permet de se sentir moins seule. Au fur et à mesure des jours, nous nous reconnaissions. Certaines ne revenaient pas, ce qui était plutôt une bonne nouvelle. Puis vous voyez celles qui en sont au début, et celles qui ont les traits marqués sur leur joli visage fatigué. Quand vous vous revoyez même après une longue pause, le cœur devient lourd, pour elles comme pour vous.

Nous n’oublierons jamais nos 3 dernières années car elles nous ont permis d’être encore plus forts. Mon papa me dit toujours « la vie est une tartine de merde que l’on mange chaque matin au réveil ». Par chance, depuis 5 mois, mes tartines sont au Nutella 😉

** À bientôt**

Charlie

PS : c’est l’article que j’ai mis le plus longtemps à écrire… 3 ans tout de même ! Alors bonne lecture et courage à toutes.

2 Commentaires

Madame Bobette 20 juillet 2020 at 10 h 13 min

C’est « marrant » car je me suis encore pris la tête ce matin après mon contrôle écho avec mon homme… Transfert en fin de semaine ou début de semaine prochaine… J’aurais du regarder son agenda pour savoir qu’il ne pouvait pas vendredi matin… Parce que oui, moi, mon agenda, on s’en fout ^^ Bref… Y a plus qu’à espérer que le transfert soit jeudi ou lundi… Sinon… bah je sais pas…
Félicitations à toi en tous cas 🙂

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juste1maman 20 juillet 2020 at 10 h 18 min

C’est exactement ce que j’expliquais, ça passe ou ça casse… Je comprends parfaitement ta colère qui est tout à fait justifiée, et j’imagine que de son côté il est aussi stressé que toi. Difficile de se comprendre dans ses moments là, je peux juste te répondre d’essayer de vivre ta semaine au mieux, même si je sais pertinemment que tu vas y penser. En tout cas je croise fort les doigts pour ce transfert

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